Bénin – Crise au CCCR : Michel Alokpo brise le silence et livre sa version des faits… scission, suspension et bataille juridique
Invité de l’émission « De l’ombre à la lumière » sur Bénin Passion TV, le Pasteur Michel Alokpo, Secrétaire général et porte-parole du Cadre de Concertation des Confessions Religieuses (CCCR), a livré ce jeudi 11 juin 2026 sa part de vérité sur la crise qui secoue l’institution interreligieuse.
Le Pasteur Alokpo a d’abord rappelé le contexte qui a rendu indispensable la tenue de l’Assemblée Générale ordinaire et extraordinaire du 4 juin 2026. Pour lui, depuis 2022, le CCCR n’avait plus tenu d’assemblée générale pourtant obligatoire chaque année selon ses statuts — en raison de difficultés internes, notamment le retrait de l’Union des Églises Baptistes (UEB) et de l’Église Méthodiste, deux membres fondateurs.
La nouvelle loi 2025-2019 sur les associations et fondations a rendu la mise en conformité urgente. C’est dans ce cadre, et conformément aux recommandations de l’ancien chef de l’État Patrice Talon qui avait reçu le bureau du CCCR en audience en 2025, que l’Assemblée Générale a été organisée.
L’Assemblée Générale du 4 juin a été couronnée par un succès inédit en matière d’adhésion. Le CCCR a enregistré Sept nouvelles associations endogènes : dont Conaweb de Sa Majesté David Coffi Aza, Sensebe Racine de Gedengue, la Communauté Vodoudan de Bembeza, et d’autres associations endogènes; une dizaine d’associations évangéliques — une première historique, car les évangéliques n’avaient jamais été intégrés au CCCR et la Communauté Ahmadiyya musulmane, qui a également rejoint l’institution.
« Nous avons battu le record en termes d’adhésion au sein de notre association », s’est félicité le Pasteur Alokpo. Selon lui, l’Assemblée s’est tenue dans la sérénité et les nouveaux statuts — mis en conformité avec les 14 exigences de la loi 2025-2019 — ont été adoptés à l’unanimité.
Le premier vice-président au cœur de la tourmente
Mais tout n’a pas été simple. Le Pasteur Alokpo a évoqué longuement les blocages créés par le premier vice-président du CCCR, dont il n’a pas cité le nom. Ce dernier se serait opposé à l’intégration de nouveaux membres en contradiction avec les recommandations de l’ancien président Talon et les décisions collectives du bureau et aurait boycotté les travaux du comité d’organisation chargé de toiletter les statuts.
Face à ce blocage persistant, le bureau exécutif a pris une décision de suspension de trois mois, confirmée ensuite par le Conseil d’Administration. « La décision de suspension a été notifiée au médiateur et confirmée par le Conseil d’Administration », a précisé le Secrétaire général.
Malgré sa suspension, le premier vice-président aurait convoqué sa propre Assemblée Générale, en s’appuyant sur les statuts de 2022 que le ministère de l’Intérieur n’a jamais validés et en cooptant de nouveaux membres pour constituer un bureau dissident.
Pour le Pasteur Alokpo, la situation juridique est limpide : seuls les statuts de 2010, le récépissé de création du CCCR sous le gouvernement Boni Yayi sont officiellement reconnus par l’État béninois. « C’est en 2010 qu’on a créé le CCCR. C’est sur la base de ce récépissé qu’on doit faire la mise en conformité, pas sur les statuts de 2022 », a-t-il martelé.
Vers le ministère de l’Intérieur pour trancher
Face à cette situation de double bureau, le CCCR officiel entend saisir le ministère de l’Intérieur pour clarifier définitivement la question. « Nous allons demander l’audience au ministre de l’Intérieur pour clarifier cette situation. L’association régulièrement reconnue est celle de 2010, dont nous avons le récépissé », a affirmé le Pasteur Alokpo.
Il a par ailleurs précisé que l’Église Catholique n’avait pas participé au séminaire en raison de désaccords sur la révision du coût de l’électorat, et que l’Église Méthodiste et l’UEB avaient signifié des retraits provisoires dont il espère toujours le retour.
Malgré la crise, le Pasteur Alokpo se dit confiant dans l’avenir du CCCR, fort de ses nouveaux adhérents et de ses statuts rénovés. Le CCCR, rappelons-le, a reçu près de 40 millions de FCFA de soutien gouvernemental pour l’organisation de son séminaire national et sa tournée dans les 12 départements.
L’institution interreligieuse, qui réunit chrétiens, musulmans et pratiquants des religions endogènes, reste un pilier du dialogue interreligieux au Bénin. Sa stabilité est un enjeu pour la cohésion nationale.

