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Next Fintech Forum: avec une politique Fintech à 2 étages, Cotonou désignée pour porter le NFF 2026

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Selon le rapport officiel de l’Arcep-Bénin, le marché des services financiers mobiles a généré un chiffre d’affaires global de 82,5 milliards de francs CFA, en hausse de 28,5 % par rapport à l’année précédente. 

Les start-ups béninoises ont fait exploser les usages du portefeuille électronique devenu un bon réflexe. Plusieurs acteurs reconnus animent le marché. L’inclusion financière, a sécurisé le commerce, la création de valeurs et d’emplois en transformant le quotidien des Béninois. 

Le Bénin s’impose comme l’un des pays les plus dynamiques de l’UEMOA, en tête sur plusieurs indicateurs clés de l’inclusion financière numérique, même s’il reste derrière les deux géants économiques de la région en volume global. Premier de l’Union pour l’inclusion financière, avec un taux d’accès aux services financiers proche de 90 %, et pour la bancarisation élargie, à 38,2 %, il affiche aussi la plus forte densité de points de services : environ 645 pour 1 000 km², devant la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Le marché béninois compte plus d’une vingtaine de structures en activité, largement dominées par les agrégateurs et processeurs de paiement. En volume de transactions et de start-ups, il occupe la troisième place, derrière le Sénégal et la Côte d’Ivoire, mais mène le peloton des challengers grâce à kkiapay, Benin Fintech Group, Epitech. 

Le NFF à Cotonou

Principal rendez-vous de la fintech en Afrique francophone, l’Act 8 du Next Fintech Forum (NFF) se tiendra les 26 et 27 novembre 2026 au Sofitel Cotonou Marina Hotel & Spa en partenariat avec l’Association des Fintechs du Bénin. Thème de cette édition de maturité est : « De l’adoption à la valeur : industrialiser la Fintech pour accélérer la croissance ». 

Pour Alex Sea, président de l’Alliance Fintech UEMOA, il faut basculer, transiter vers une nouvelle gamme de l’inclusion financière. Pour lui, « Le défi de 2026 n’est donc plus celui de l’adoption, mais celui de la création de valeur : comment transformer cette adoption en croissance économique, en financement des entreprises, en emplois, en productivité et en prospérité durable, dans un environnement réglementaire favorable à l’innovation. C’est à Cotonou que cette nouvelle ambition prendra forme. » 

Le quotidien transformé

La pénétration des fintechs a changé la vie de millions de Béninois. Premier effet : l’inclusion financière des populations non bancarisées. Historiquement, une grande partie de la population n’avait pas accès aux banques classiques, faute de revenus réguliers ou d’infrastructures. Aujourd’hui, n’importe quel citoyen peut transformer son simple numéro de téléphone en outil de paiement mondial, grâce aux cartes Visa virtuelles et aux QR codes. Deuxième effet : la simplification et la sécurisation du commerce. Auparavant, les commerçants, notamment les femmes du secteur informel, devaient voyager avec de grosses coupures de billets sur les axes routiers pour s’approvisionner. Un risque quotidien, désormais réduit.

Troisième effet : le décollage de l’administration publique. L’État béninois s’est appuyé sur des solutions comme Kkiapay ou FedaPay pour digitaliser ses services. Payer ses impôts, commander un casier judiciaire en ligne, régler ses factures d’eau et d’électricité : tout se fait depuis chez soi, sans faire la queue des heures durant. Quatrième effet, moins visible mais tout aussi réel : la création d’emplois et l’entrepreneuriat. Chaque expansion de fintech s’accompagne du recrutement d’ingénieurs, de commerciaux et de gestionnaires locaux. En facilitant l’encaissement sur Internet, ces plateformes ont donné naissance à une génération florissante de e-commerçants et de créateurs de contenus indépendants.

Une politique à deux étages

Le succès béninois est planifié. La politique du pays repose sur une architecture à deux niveaux : des directives monétaires régionales strictes et une stratégie nationale de numérisation accélérée. Côté régional, tout passe par la BCEAO. L’Instruction n°001-01-2024 a mis fin au flou juridique en instaurant le statut strict d’Établissement de Paiement. Fini la tolérance : place à l’exigence en matière de conformité, de lutte anti-blanchiment, de protection des données et de capital minimum. En septembre 2025, FeexPay est entrée dans l’histoire en décrochant le premier agrément officiel du pays.

Côté national, l’État a déployé son arsenal. Le Start-up Act se consolide, avec des allègements fiscaux et un accompagnement pour labelliser les jeunes pousses et attirer les investisseurs. L’ARCEP-Bénin encadre l’infrastructure technique, l’accès aux canaux USSD et aux API des opérateurs, et soutient l’idée d’un bac à sable réglementaire pour tester des services innovants à échelle réduite. Le Bénin s’intègre aussi activement au déploiement de la plateforme de paiement instantané de l’UEMOA.

La plus grande force de cette politique tient à un choix élaboré. L’État est devenu le premier client des fintechs. Le portail national des services publics intègre obligatoirement des passerelles de paiement locales, pour les e-visas, le casier judiciaire, les impôts, les factures de la SBEE et de la SONEB. Cette commande publique offre aux acteurs locaux un volume de transactions garanti. En parallèle, le dialogue multi-acteurs progresse, porté par des partenaires comme le PNUD et l’Association des Fintechs du Bénin, avec un œil sur les flux transfrontaliers. Le Bénin veut servir de point de départ. Charge aux autres pays de la région de suivre la cadence.

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