France : La nièce du président Sassou-Nguesso et son époux condamnés pour blanchiment et bien mal acquis
Le Tribunal judiciaire de Paris a rendu le 21 mai 2026 son verdict dans une affaire de blanchiment impliquant Inès Émilienne Nguesso Mouebara, nièce du président du Congo-Brazzaville Denis Sassou-Nguesso, et son mari Habib Landry Gantsui. Deux ans d’emprisonnement avec sursis, 50 000 euros d’amende et confiscation d’un bien immobilier : une décision lourde de sens dans un dossier qui éclabousse une nouvelle fois les cercles du pouvoir congolais.
C’est la 32e chambre correctionnelle du Tribunal judiciaire de Paris qui a rendu ce verdict le mercredi 21 mai 2026. Inès Émilienne Nguesso Mouebara, nièce du président congolais Denis Sassou-Nguesso, et son mari Habib Landry Gantsui ont été reconnus coupables et condamnés chacun à deux ans d’emprisonnement avec sursis, 50 000 euros d’amende et la Confiscation du bien immobilier au cœur de l’affaire.
Leur fils, Alpha Gantsui, a également été condamné à un an d’emprisonnement avec sursis et 10 000 euros d’amende. Le notaire Jean-Philippe S., qui était poursuivi à leurs côtés, a quant à lui été relaxé.
Une affaire de blanchiment liée aux « biens mal acquis »
Cette condamnation s’inscrit dans le cadre des procédures dites des « biens mal acquis », qui visent depuis des années des proches de dirigeants africains soupçonnés d’avoir détourné des fonds publics pour acquérir des biens immobiliers ou mobiliers de luxe en France. La justice française a multiplié les actions contre des personnalités liées à des régimes d’Afrique centrale et de l’Ouest, avec des résultats contrastés.
Dans ce dossier précis, c’est un bien immobilier qui était au cœur des poursuites, soupçonné d’avoir été acquis avec des fonds d’origine illicite. Sa confiscation par la justice française constitue l’une des mesures les plus symboliques du jugement.
Cette condamnation frappe une nouvelle fois l’entourage du président Denis Sassou-Nguesso, au pouvoir au Congo-Brazzaville depuis 1979 — avec une interruption de 1992 à 1997. La famille présidentielle congolaise a été impliquée dans plusieurs affaires judiciaires en France ces dernières années, dans le cadre des enquêtes sur les biens mal acquis.
Si les peines prononcées sont assorties de sursis ce qui signifie qu’il n’y aura pas d’emprisonnement effectif, la confiscation du bien immobilier et les amendes prononcées envoient un signal fort que la justice française entend poursuivre son travail contre le blanchiment lié aux pratiques de gouvernance contestées sur le continent africain.

