Bénin – Femme ligotée et torturée : Me Huguo Koukpolou défend un accusé “davantage sauveur” qu’auteur de cette barbarie
Le procès des six prévenus poursuivis dans l’affaire de la jeune femme torturée à Ekpè a été renvoyé au 5 juin 2026 par la CRIET. À l’issue de l’audience de ce vendredi 15 mai, Me Huguo Koukpolou, avocat de l’un des accusés, a soutenu que son client aurait davantage tenté d’aider la victime que de participer aux violences.
L’affaire de la jeune femme torturée à Ekpè continue de tenir l’opinion publique en haleine. Ouvert ce vendredi 15 mai 2026 devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET), le procès des six personnes poursuivies dans ce dossier a finalement été renvoyé au 5 juin prochain.
À l’issue de l’audience, Me Huguo Koukpolou, conseil de l’un des prévenus identifié comme K. A., a défendu la nécessité d’un procès équitable, tout en rejetant toute idée de culpabilité déjà établie. « Il n’y a pas de présumé auteur. Parce que tout le monde bénéficie de la présomption d’innocence et pas de présomption de culpabilité », a déclaré l’avocat.
Face à l’émotion suscitée par cette affaire, Me Koukpolou a insisté sur l’importance de laisser la justice établir les responsabilités dans le calme et le respect du droit. « C’est le rétablissement de cette justice civilisée qui recommande un procès équitable », a-t-il affirmé.
L’avocat soutient par ailleurs que son client ne serait pas un acteur central des violences. « Nous espérons montrer […] que cet individu s’est davantage comporté en sauveur, si on peut dire, de cette barbarie qu’en personne ayant participé à ses actes criminels », a-t-il ajouté.
Une affaire qui a choqué le Bénin
Cette affaire remonte à la diffusion, le 23 avril 2026, d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Les images montraient une jeune femme ligotée, dénudée et suspendue au-dessus d’un feu à Ekpè, dans la commune de Sèmè-Kpodji, tandis qu’elle criait de douleur et appelait à l’aide.
La violence de la scène avait provoqué une vague d’indignation nationale. Très rapidement, la Police républicaine avait annoncé l’ouverture d’une enquête, promettant d’identifier et d’interpeller les auteurs de ces actes qualifiés d’inhumains et dégradants.
Dans les jours suivants, la victime a été retrouvée et plusieurs suspects arrêtés. L’Institut National de la Femme (INF), par la voix de sa présidente Huguette Bokpè Gnacadja, s’était également saisi du dossier, condamnant fermement les faits et appelant à cesser la diffusion de la vidéo afin de préserver la dignité de la victime.
Le REMAPSEN Bénin, plusieurs organisations de défense des droits humains ainsi qu’une grande partie de l’opinion publique avaient également dénoncé des actes de torture incompatibles avec les valeurs humaines et l’État de droit.
Des accusations lourdes devant la CRIET
À l’issue des investigations menées par la Direction de la Police judiciaire et l’Office central de protection des mineurs et de la famille, six personnes ont été placées sous mandat de dépôt par le Procureur spécial près la CRIET.
Les prévenus sont poursuivis pour viol, coups et blessures volontaires ainsi que pour enregistrement et diffusion d’images relatives à la commission d’une infraction. Lors de cette première audience, tous ont plaidé non coupables.
Les débats ont également porté sur la question du huis clos. Tandis que certains avocats plaident pour des audiences publiques au nom de la sensibilisation, la défense de la victime estime nécessaire de protéger sa vie privée et sa dignité.
Le tribunal devra trancher cette question lors de la prochaine audience prévue le 5 juin 2026.

