Présidentielle 2026 au Bénin : le duo Hounkpè–Hounwanou promet la suppression de la Criet
La question de l’avenir de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) s’est invitée dans la campagne présidentielle au Bénin. En meeting jeudi 9 avril à Agla, dans le 13ᵉ arrondissement de Cotonou, le duo Paul Hounkpè–Rock Hounwanou a annoncé sa volonté de supprimer cette juridiction spécialisée en cas de victoire à l’élection du 12 avril.
Face à leurs militants, c’est Rock Hounwanou qui a porté l’essentiel du message sur les réformes institutionnelles envisagées. « On va supprimer la CRIET », a-t-il lancé, plaidant pour un retour du traitement des affaires pénales devant les juridictions ordinaires.
Selon le colistier de Paul Hounkpè, les dossiers actuellement instruits par la CRIET devraient relever des tribunaux de droit commun, estimant que cette juridiction spéciale n’a plus sa place dans l’architecture judiciaire du pays.
Créée par la loi n° 2018-13 du 2 juillet 2018, la CRIET est une juridiction spéciale à compétence nationale chargée notamment des infractions économiques et des faits liés au terrorisme.
Au-delà de cette annonce, le duo a également mis l’accent sur une réforme du système carcéral. Rock Hounwanou a évoqué la nécessité de transformer les établissements pénitentiaires en véritables espaces de formation et d’apprentissage.
L’objectif, selon lui, est de permettre aux détenus d’acquérir des compétences professionnelles ou de poursuivre leurs études durant leur incarcération afin de mieux préparer leur réinsertion sociale après leur libération.
Lors de la rentrée judiciaire 2025, le procureur spécial Mario Mètonou a dressé un bilan de l’activité de la juridiction, mettant en lumière l’ampleur des dossiers traités, notamment en matière de terrorisme.
Selon les chiffres communiqués, la CRIET a traité 816 dossiers liés au terrorisme depuis sa création, avec 770 personnes placées en détention, dont 31 femmes.
Le magistrat a également souligné plusieurs difficultés opérationnelles, notamment la conduite des enquêtes dans des zones difficiles d’accès, parfois exposées à des engins explosifs improvisés.
Dans ces circonstances, les forces armées interviennent souvent en première ligne, même si les informations recueillies dans le cadre des opérations militaires ne peuvent pas toujours être exploitées sur le plan judiciaire.
À deux jours du scrutin présidentiel, le maintien ou la suppression de la CRIET s’impose ainsi comme l’un des sujets institutionnels majeurs de la campagne.

