Niger: l’État islamique revendique l’attaque de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey
Le groupe jihadiste État islamique a revendiqué, vendredi 30 janvier 2026, l’attaque menée contre l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, survenue dans la nuit du mercredi au jeudi. Selon les autorités nigériennes, l’assaut s’est soldé par la mort de vingt assaillants et a visé une zone stratégique abritant des installations militaires, à proximité immédiate de la présidence.
L’aéroport international de Niamey, cœur névralgique à la fois civil et militaire, a été la cible d’une attaque d’envergure dans la nuit du 29 janvier 2026. Une opération inhabituelle par son ampleur et surtout par sa localisation, la capitale nigérienne étant jusqu’ici relativement épargnée par les violences jihadistes.
D’après la junte au pouvoir, les combats ont duré environ une heure et ont conduit à la neutralisation de vingt assaillants. Quatre soldats nigériens ont été blessés, tandis que onze suspects ont été interpellés. Les autorités affirment également qu’un ressortissant français figurerait parmi les assaillants tués, sans fournir davantage de précisions.
Vendredi, le groupe État islamique a officiellement revendiqué l’attaque par l’intermédiaire de son organe de propagande Amaq, information relayée par le groupe Site, spécialisé dans la veille des activités jihadistes. Selon cette source, l’opération visait la base militaire installée au sein même de l’aéroport et aurait causé « des dégâts significatifs ».
Une attaque aux lourdes implications politiques et sécuritaires
Des images satellites consultées par l’AFP montrent des zones partiellement calcinées à proximité de la piste ainsi que des hangars aux toits endommagés. Ces dégâts confirment la vulnérabilité d’un site pourtant hautement sécurisé.
Dans un contexte déjà tendu, la junte nigérienne a affirmé avoir bénéficié de l’appui de « partenaires russes » pour contenir l’assaut. Elle a par ailleurs accusé ouvertement les présidents français, béninois et ivoiriens Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara d’être des « sponsors » des assaillants, des accusations qui risquent d’aggraver les tensions diplomatiques dans la sous-région.
Pour plusieurs experts, cette revendication confirme la montée en puissance de l’État islamique au Niger. Le journaliste et spécialiste des mouvements jihadistes Wassim Nasr rappelle que le groupe est très actif dans plusieurs zones proches de Niamey. « Il y a quelques mois, l’État islamique avait réussi à pénétrer dans la capitale pour enlever un ressortissant américain, toujours détenu à ce jour », souligne-t-il.
Depuis plus d’une décennie, le Niger est confronté aux attaques répétées de groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, notamment dans l’ouest et le sud-est du pays.

