Bénin – Projet 100 marmites en 24 heures: Éden Food et trois co-organisateurs convoqués
L’influenceuse culinaire béninoise Love Anick Ploka, promotrice des restaurants Eden Food et initiative du défi « 100 marmites en 24h », et trois co-organisateurs ont été entendus par les officiers de police judiciaire du Centre national d’investigations numériques. À l’issue des auditions, ils ont été remis en liberté, mais mis sous convocation pour le 19 février 2026.
L’affaire connaît ainsi un nouveau développement judiciaire. Selon une source proche de l’équipe organisatrice, Love Anick Ploka, également connue sous le nom d’Éden Food, s’est présentée devant les enquêteurs en compagnie de trois membres de son équipe. Les auditions s’inscrivent dans un contexte de vives discussions sur les réseaux sociaux, où des interrogations persistent sur la transparence financière de l’initiative.
Lancée le 28 novembre 2025 à 7 heures sur l’esplanade de Canal Olympia de Cotonou, l’opération affichait une ambition spectaculaire : préparer 100 marmites de 50 kg en 24 heures, soit environ cinq tonnes de nourriture destinées aux personnes en situation de précarité. Enfants des rues, personnes âgées, patients psychiatriques, orphelins, détenus et familles démunies figuraient parmi les bénéficiaires annoncés.
Des ambitions humanitaires à l’épreuve des soupçons
Porté notamment par Fernando Manofi et soutenu par des influenceurs, associations et bénévoles, le défi entendait démontrer que la gastronomie pouvait devenir un levier de solidarité. Les organisateurs estimaient alors que 25 000 à 30 000 personnes pourraient être servies grâce à une logistique de distribution déployée dans des orphelinats, hôpitaux, centres d’accueil et quartiers défavorisés.
Mais l’élan solidaire initial s’est progressivement mué en controverse. Des appels aux dons financiers et en nature sacs de riz, cartons de pâtes et autres denrées avaient été massivement relayés en ligne. Par la suite, des dénonciations publiques ont mis en doute la traçabilité des contributions recueillies.
Certains donateurs affirment avoir versé de l’argent pour des repas présentés comme gratuits, tandis que d’autres évoquent un possible décalage entre les ressources mobilisées et le volume réel des prestations servies. Ces éléments ont conduit à l’ouverture d’investigations afin de vérifier la concordance entre les engagements annoncés et l’exécution effective de l’opération.
Les auditions menées par la police judiciaire portent notamment sur la gestion des fonds collectés, l’inventaire des dons en nature et la transparence des mécanismes de distribution.

