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Bénin : l’ex-chef du 12ᵉ arrondissement de Cotonou, Samuel Akindes Adékambi condamné à 5 ans de prison ferme

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L’ancien chef du 12ᵉ arrondissement de Cotonou, Samuel Akindes Adékambi, a été condamné à cinq ans de prison ferme par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). La juridiction lui a également infligé une amende de cinq millions de francs CFA.

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Le verdict est tombé dans le dossier impliquant Samuel Akindes Adékambi, poursuivi pour des faits d’abus de fonction. La décision de la CRIET confirme ainsi la peine requise par le ministère public, qui avait demandé que l’ancien chef d’arrondissement soit condamné à cinq ans de prison, dont deux fermes, ainsi qu’à une amende de cinq millions de FCFA. La défense, de son côté, avait plaidé la relaxe pure et simple du prévenu.

À l’origine de cette affaire se trouve un projet porté dans le quartier d’Akogbato, dans le 12ᵉ arrondissement de Cotonou. Samuel Akindes Adékambi entretenait depuis environ trois ans une relation avec Lionel Talon, qu’il avait sollicité pour accompagner un projet de construction d’un terrain de football destiné aux jeunes du quartier.

Le projet initial, conçu par un cabinet d’architecture mandaté par Lionel Talon, prévoyait uniquement la construction d’un centre culturel baptisé « Eya ». Aucun espace sportif n’y figurait. Samuel Akindes Adékambi s’était opposé à cette première mouture et avait demandé que le projet soit révisé afin d’y intégrer un terrain de football pour les jeunes d’Akogbato.

Deux mouvements de fonds au cœur des débats

C’est dans le cadre de ce projet que deux opérations financières ont été évoquées au cours de la procédure judiciaire. Lors de l’audience du 1ᵉʳ juin 2026, Samuel Akindes Adékambi avait catégoriquement nié avoir reçu une somme de 200 000 FCFA qui aurait été destinée à financer un cocktail organisé pour les jeunes autour du terrain de football d’Akogbato.

En revanche, l’ancien chef d’arrondissement avait reconnu avoir reçu trois millions de FCFA de la part de Lionel Talon. Il contestait toutefois la destination qui lui était attribuée dans le dossier. Selon ses explications devant la Cour, cette somme ne devait pas servir au financement du projet communautaire, mais à soutenir sa propre campagne présidentielle.

Samuel Akindes Adékambi avait expliqué que Lionel Talon lui aurait reproché de ne pas avoir participé à ses précédentes campagnes électorales avant de lui proposer une aide financière. Il affirme avoir initialement sollicité cinq millions de FCFA, avant qu’un accord ne soit finalement trouvé pour le versement de trois millions de FCFA.

D’après ses déclarations, l’argent lui aurait été remis par l’assistante de Lionel Talon dans un bureau, à l’issue d’une réunion de travail consacrée au projet d’Akogbato. Le prévenu avait également assuré n’avoir jamais reçu auparavant de l’argent de la part du plaignant.

Quelques jours après cette remise de fonds, Samuel Akindes Adékambi a été interpellé par des agents de la Brigade économique et financière (BEF). Son arrestation est intervenue le 1ᵉʳ mai 2026, alors qu’il participait à une marche de remerciement organisée en l’honneur du président Patrice Talon.

Le témoignage de l’assistante de Lionel Talon

Le dossier a également été marqué par le témoignage de Yasmine Comlan, l’assistante de Lionel Talon. Absente lors de la première audience, ses déclarations faites devant la Brigade économique et financière avaient d’abord été lues par la Cour.

Elle s’est finalement présentée devant les juges lors de la troisième audience, le 6 juillet 2026. À la barre, elle a confirmé avoir remis trois millions de FCFA à Samuel Akindes Adékambi pour le compte de Lionel Talon.

Son témoignage n’a toutefois pas permis d’établir avec précision la destination de cette somme. Yasmine Comlan a indiqué ne pas savoir si l’argent était destiné aux frais de campagne du prévenu ou au financement du projet de centre communautaire Eya.

À l’issue de cette troisième audience, le ministère public avait pris ses réquisitions. Le premier substitut du procureur spécial avait demandé à la Cour de retenir Samuel Akindes Adékambi dans les liens des faits d’abus de fonction, sur le fondement de l’article 375 du Code pénal.

Le parquet avait alors requis cinq ans de prison, dont deux ans fermes, ainsi qu’une amende de cinq millions de FCFA. Les avocats de Samuel Akindes Adékambi avaient, pour leur part, sollicité la relaxe pure et simple de leur client.

La CRIET a finalement rendu une décision plus sévère que les réquisitions du ministère public sur la partie ferme de la peine, en condamnant l’ancien chef du 12ᵉ arrondissement de Cotonou à cinq ans de prison ferme, assortis d’une amende de cinq millions de FCFA.

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