Migration clandestine : plus de 1 100 migrants secourus au large de la Mauritanie en dix jours
Les garde-côtes mauritaniens ont secouru 1 187 migrants en situation irrégulière depuis le 28 mai 2026 sur la route atlantique reliant l’Afrique de l’Ouest aux îles Canaries. Cette recrudescence des départs, observée après la Tabaski, inquiète les autorités qui redoutent une année record en matière de tentatives de traversées vers l’Espagne.
La route migratoire de l’Atlantique connaît un regain d’activité préoccupant. En l’espace de dix jours, plus de 1 100 migrants ont été secourus au large des côtes mauritaniennes, signe d’une reprise marquée des tentatives d’émigration irrégulière vers les îles Canaries.
Selon Ahmed Moulaye, directeur de la lutte contre la migration irrégulière au sein des garde-côtes mauritaniens, 1 187 personnes ont été secourues depuis le 28 mai. Ce bilan porte à 1 417 le nombre total de migrants pris en charge par les autorités mauritaniennes depuis le début de l’année 2026.
Cette nouvelle vague de départs a été enregistrée quelques jours après la célébration de la Tabaski. Si cette tendance se maintient, les autorités craignent que les flux migratoires atteignent un niveau sans précédent cette année, même si aucune embarcation n’a encore réussi à atteindre les Canaries depuis la reprise récente des traversées.
Des routes migratoires de plus en plus longues et dangereuses
Parmi les embarcations interceptées figuraient plusieurs pirogues parties du Sénégal et de la Gambie. Les candidats à l’exil empruntent désormais des itinéraires plus méridionaux, un phénomène attribué au renforcement des contrôles mis en place dans plusieurs pays de la façade atlantique africaine.
Les migrants secourus sont systématiquement conduits dans des centres d’accueil temporaires situés à Nouakchott et à Nouadhibou. Financées par l’Union européenne, ces structures assurent un hébergement de courte durée, généralement limité à 72 heures, afin d’évaluer la situation individuelle de chaque personne et son éventuelle éligibilité à une protection internationale.
Le durcissement des dispositifs de surveillance maritime, consécutif aux accords de coopération entre l’Union européenne et plusieurs pays africains comme la Mauritanie ou le Maroc, contribue à multiplier les interceptions en mer. Mais il entraîne également un déplacement des routes migratoires vers des pays plus au sud, notamment la Gambie et la Guinée.
Cette évolution allonge considérablement les trajets maritimes vers l’archipel espagnol, exposant davantage les migrants aux risques de naufrage, de dérive en haute mer ou de chavirement. Une situation qui alimente les inquiétudes des autorités et des organisations humanitaires face à la persistance de l’émigration clandestine sur l’une des routes les plus dangereuses au monde.

