Habib Ahandessi : la France lui accorde la protection, le statut de réfugié politique et un titre de séjour
La Cour nationale du droit d’asile (CNDA) en France a reconnu, le 29 avril 2026, la qualité de réfugié à Habib Wilfreed Ahandessi. Dans la décision consultée par TRIOMPHE MAG, la Cour a estimé fondées ses craintes de persécution en cas de retour au Bénin en raison de ses opinions politiques. Quelques jours après cette décision, le jeune activiste béninois a annoncé avoir obtenu un titre de séjour de 10 ans et espère désormais faire venir ses enfants en France.
« Il y a des victoires qui ne s’expliquent pas… elles se ressentent ». C’est par ces mots que Habib Ahandessi a annoncé sa régularisation en France après un long parcours marqué par les épreuves et les incertitudes. Arrivé sur le territoire français le 1er octobre 2024, il affirme avoir quitté le Bénin après plusieurs années de tensions avec les autorités béninoises en raison de son engagement politique et militant.
Dans sa décision rendue publique le 29 avril 2026, la Cour nationale du droit d’asile a annulé le rejet initial de sa demande d’asile par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). La juridiction française estime que les déclarations de l’activiste béninois sont « précises et personnalisées » et que les éléments fournis démontrent qu’il pourrait être ciblé comme opposant politique en cas de retour au Bénin.
La Cour rappelle notamment plusieurs épisodes évoqués par Habib Ahandessi notamment ses engagements politiques depuis ses années universitaires, ses arrestations, des procédures judiciaires ainsi qu’une tentative d’enlèvement qu’il affirme avoir subie en avril 2024. Les juges se sont également appuyés sur plusieurs documents judiciaires et des articles de presse, dont des articles publiés par des médias en ligne au Bénin, pour établir la visibilité publique de l’activiste.
Une décision fondée sur le contexte politique béninois
Dans son arrêt, la juridiction française évoque également plusieurs rapports d’organisations internationales, notamment Amnesty International et Freedom House, ainsi que des articles du quotidien français Le Monde, faisant état de restrictions des libertés civiles et d’arrestations d’opposants politiques au Bénin sous le régime du président Patrice Talon.
Pour les juges de la CNDA, ces éléments confirment les risques encourus par Habib Ahandessi en cas de retour dans son pays d’origine. La Cour a ainsi reconnu qu’il « craint avec raison d’être persécuté » en raison de son engagement politique, conformément à la Convention de Genève relative au statut des réfugiés.
Quelques jours après cette reconnaissance officielle, Habib Ahandessi a partagé un message de résilience sur ses réseaux sociaux. Il y évoque « des moments de doute, des sacrifices et des épreuves silencieuses », tout en remerciant ses soutiens.
Le 1er octobre 2024, en arrivant en France, j’avais un objectif en tête : faire venir mes enfants pour leur offrir un avenir. Pendant un an et demi, j’ai affronté des défis, des moments de doute, des envies de renoncer. J’ai essuyé des injures (sans papiers).
Mais à chaque fois, je me suis rappelé cet objectif. Aujourd’hui, je suis régularisé, avec un titre de séjour de 10 ans, et bientôt mes enfants me rejoindront. Alors, à toi qui me lis : quand tu te fixes un but, les obstacles seront là, les doutes aussi. Mais ne te décourage JAMAIS.
Habib Ahandessi
Désormais en situation régulière en France avec un titre de séjour de 10 ans, il affirme attendre prochainement l’arrivée de ses enfants, objectif qu’il dit poursuivre depuis son départ du Bénin.

